Anne Löwenthal

Anne Löwenthal



Je ne vois pas le lien entre Sonoko Suzuki et moi. Je suis très flattée par votre proposition de me croquer sur Next (F9), Monsieur Lowie, rubrique que je ne connaissais pas et que je découvre, mais là, cette Sonoko Suzuki, je n’en ai jamais entendu parler. Je ne vois pas où vous êtes allé chercher ça.

Voilà. Première tentative (échouée) de convaincre Anne Löwenthal (parce que oui oui je demande l’autorisation à tout le monde et certaines personnes refusent) à participer à cette nouvelle passion où j’excelle à croquer des scènes oniriques, qui sont, paraît-il bourrés d’humour, de tendresse et de cruauté discrète. Je refais le numéro sur mon téléphone noir bakélite à cadran. Je n’ai jamais compris à quoi servait les lettres rouges à côté des chiffres.

Allô ? Anne… écoutez … je vais vous expliquer… Sonoko Suzuki est la Reine de la Déduction. Elle faillit se faire tuer à cause d’un jeune homme fou qui tue les femmes qui conduisent en chaussures compensées, pensant qu’elle conduisait avec des bottes à semelles compensées.

Le silence était parfait. Anne Löwenthal m’avait prévenu qu’elle avait beaucoup de travail en ce moment, très prisée, très à la mode, très in. Elle est chroniqueuse dans les médias et chargée de communication. Je pensais qu’elle me répondrait avec facilité, mais rien. Le silence. Allô ? Elle a été militante très jeune, c’est une blogueuse reconnue comme faiseuse d’opinions. Allô ? Fille de Paul Löwenthal, économiste, professeur d’économie à l’Université Catholique de Louvain et de Maria Swinnen, psychologue. Allô ? Allô ? Mais je ne sais pas moi, demandez à votre frère ! Dernière tentative : Sonoko Suzuki raconte qu’une nuit, lorsqu’elle était petite, elle a fait un rêve horrible : une cérémonie familiale lugubre, une procession dans le parc d’un château en ruines et on enterrait son petit frère et sa petite sœur vivants.

Ça l’a rendue tellement malade que le lendemain soir elle en a parlé en pleurant à sa mère, qui a souri et qui a dit "quelle jalousie !". Et là d’un seul coup, Anne Löwenthal se mit à parler. De son enfance, de ses rêves et de ses rendez-vous manqués. Ce coup de téléphone n’est qu’onirique évidemment puisqu’à l’improviste j’étais dans un puits sans fond, accroché aux parois. Elle était dehors et continuait à me parler de son enfance. A chaque fois qu’elle me disait que tout irait bien, je descendais d’un palier comme Super Mario. Monsieur Lowie, vous êtes l’homme parfait avec vos actions versatiles et votre côté gentleman.

C’est alors, que, descendant de plus en plus bas dans ce puits, je lui lance un défi : Anne, je vais vous lancer un morceau de cristal de roche. Si vous l’attrapez, vous verrez que cela va renforcer votre capacité à comprendre les autres. Je lui lance le cristal qu’elle rattrape aisément.

Au réveil, j’étais dans sa voiture, elle conduisait et subitement en regardant la pédale d’accélérateur je lui dis : Anne, conduisez-vous avec des bottes à semelles compensées ?

Voir en ligne : Le Facebook de Anne Löwenthal