Vincent Flibustier

Vincent Flibustier



Le juge hurle : Monsieur, veuillez indiquer à la Cour votre vrai nom. L’homme, avec son sourire naturellement moqueur répéta : Vincent Flibustier. Le juge en colère ordonne : Mettez-le sur le tripalium, qu’il dise ce que je veux entendre, cet homme est un anabaptiste ! Je suis assis dans une pièce adjacente, je vois la scène car la porte est entrouverte. L’homme, beaucoup plus jeune que moi entre et s’assied à mes côtés. Je suis moi-même dans l’attente du jugement. Dans ce rêve iconoclaste, nous sommes en 1597 au Tribunal de l’Inquisition de Poperinge. Ma peur grandissante tranche avec l’air sûr de lui presque débonnaire de Vincent Flibustier. Il me regarde et dit : mon père a détruit les statues de Steenvorde en 1566…. et depuis ils me harcèlent.. je crois qu’ils le feront jusqu’au XXIème siècle. Nous ne serons plus là, mais je sens la malédiction. Vous êtes qui ? Son assurance me surprend : je suis Jacques Lohier. On m’accuse de sorcellerie parce que j’ai partagé avec une femme quelques recettes divines ramenées de mes voyages à Haïti et de chez les Maures. Il s’écarte brusquement puis : Vous êtes allé en territoire mauresque ? Et malgré le brouhaha de la salle des tortures, je lui ai raconté ma rencontre avec Ahmad al-Mansur dans le Palais El Badia à Marrakech. Nous risquons tous les deux d’être pendus puis jetés au bûcher, je pense à mon fils. Je poursuis : ils m’accusent d’être un prédicateur, un sorcier et un mahométan. Alors que je suis disciple du théologien et humaniste Érasme. Plus à l’aise, les jambes croisées il me dit : à un an et demi j’avais déjà compris que les gens pouvaient être laids à l’intérieur et à quel point le monde était cupide, égoïste et pourri jusqu’à la moelle par le népotisme et la médiocratie. Depuis ce jour-là, j’ai cessé d’être gentil. Je pense qu’ils veulent ma mort parce que je suis le premier cultivateur de houblon dans la région. Je rêve souvent les nuits que je suis dans une situation de crise, je préviens tout le monde que la ville sera bombardée par des mortiers avec des boulets portés au rouge mettant le feu aux maisons. Mais ils ne m’écoutent jamais, ils pensent qu’il faut rester à l’intérieur parce qu’on leur a toujours dit de faire ça. J’essaye de les convaincre et ils refusent. Je m’échappe seul et les maisons brûlent et s’écroulent sur eux. L’histoire m’émeut et me réveille. Je suis au Tribunal de première instance de Bruxelles, à mes côtés Vincent Flibustier, créateur et rédacteur du site satirique et humoristique Nordpresse. Nous sommes là, plus de quatre cent ans plus tard dans la même position, tous deux accusés par cette même élite délirante. Dites, Patrick Lowie, vous ne trouvez pas que le juge ressemblait à Patrick Sébastien ? Je m’identifie beaucoup à lui, surtout le vendredi soir vers 23h30. Il se lève et chante ha ! Qu’est-ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines, chantent les sardines, ….

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